samedi 5 juin 2010

DEUXIÈME JOUR : LE SABLE



La peau serrée sur cette chaise en osier je balbutiais et maintenant je marche dans le sable je marche et je me demande pourquoi je dis pourquoi et mes pas s’effacent et je sais que Tchernobyl a disparu de ma mémoire, je ne veux plus entendre les témoignages des vieux sur le 26 avril 1986, je marche dans le sable le long du fleuve et mes pieds s’enfoncent le sable se glisse dans mes chaussures et ma peau brûle je veux regarder les flammes dévorer cette forêt et pas le reste, les fourmis sur un carré de bitume et pas le reste l’eau saumâtre pas le reste, je ne vois rien ne sens rien ne pense rien ne bouge pas, je viens ici car Tchernobyl n’existe plus et le temps s’est figé, je viens ici pour fuir la peur, ici oui je n’ai plus peur.


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