dimanche 6 juin 2010

TROISIÈME JOUR : LE CHEMIN



La lumière même faible me fait mal aux yeux, j’entre dans la forêt mais avant d’en atteindre la lisière, je vois dans le sol mes empreintes s’effacer, je ne sais rien d’ici aucune marque ne trahit mon passage, j’entre dans la forêt je m’enfonce et les branches séchées des pins craquent sous mes pas les ronces forment des nœuds qui entravent mes chevilles et râpent la toile de mon pantalon, les arbres ressemblent à des pieux plantés dans le tuf qui auraient servi à maintenir la terre en place, j’avance dans la forêt et aucun cri ne me parvient.
Je ne me souviens pas des photographies que tu as prises à Razokha, il me faut les revoir et scruter chaque détail, je ne reconnais pas les routes, pistes, ruisseaux que nous croisons, je m’enfonce dans la forêt je ne vois rien ne reconnais pas, je ne me souviens pas de la fuite devant les miliciens, je n’entends que mon souffle j’avais si mal, je me souviens de la neige sur ma langue et du goût de métal.

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