



La famille est nombreuse douze enfants dix-huit petits-enfants dit la grand-mère en souriant passant sa main dans les cheveux de la fillette la vaste maison donne sur la forêt ils empruntent à l’aube les sentiers pour couper le bois le grand-père aime à raconter ses journées au champ avec ses fils travaillant ainsi toute sa vie rentrant tard pour s’asseoir près du poêle dans la cuisine la grand-mère préparant le repas il y a des bouches à nourrir ils montrent la luge les animaux la basse-cour les tas de bûches le jardin la véranda la demeure en briques un peu à l’écart du village, c’est vrai les voisins nous aimaient bien, ils poussent la porte les ordures les crachats les excréments sur le sol, les nuées de mouches collant aux visages, l’odeur de fumier, de sueur, de crasse, de terre moisie sur les murs, les remugles atroces de vieille soupe et de porc, les filles débiles prostrées sur le canapé sur les bouteilles vides sur les bêtes quasi mortes, les cris la voix rauque je vais te tuer pour ce que tu as fait et Vania l’épileptique qui s’enfuyait et restait par le cou un ceinturon attaché.