dimanche 18 avril 2010

ONZIEME JOUR, FIN DU TROISIEME VOYAGE : L’ AMOUR IV



Cher Arcadiy,

Avant toute chose, je te demande de me pardonner de n’avoir pas répondu plus tôt à ta lettre. Elle m’est pourtant parvenue il y a plusieurs jours mais je n’avais pas le cœur ni la force de t’écrire pour te confier le fond de ma pensée, ce que je me dois de faire aujourd’hui.
J’ai aimé chez toi ta sincérité, la force de ton caractère et l’envie permanente de bien faire. Tu es un homme bien en toutes circonstances, assurément ! Je suis certaine que tu saurais combler bien des femmes, qu’elles seraient certainement très heureuses dans tes bras.
Mais parlons de moi ! Comme tu dois le savoir, ma maladie ne m’a laissé que peu de répit mais il ne s’agit pas de cela. Mon Cher Arcadiy, dès à présent, je ne veux plus te voir. J’ai cru un moment pourvoir t’aimer, mais ce n’est pas le cas, je ne t’aime pas. Bientôt, avant la fin de l’été, je vais déménager dans la banlieue de Kiev et là-bas me marier.
Considère donc ces mots comme les derniers de ma part.
Bonjour à ta maman et à ta tante Olga pour moi.
Nella.

samedi 17 avril 2010

DIXIÈME JOUR : STIMO



Il voudrait que tout s’arrête, il dit on va à Stimo et son corps tangue il pense il la voit son corps en branche sur la barre, il voit le bois il voudrait dormir le sommeil de plomb et la vodka n’y allez pas, les bagarres là-bas le visage en torsion la béquille ce bâton, je vais te tuer n’y allez pas je vous dis, pour toi quand tu veux, à toi.

vendredi 16 avril 2010

NEUVIÈME JOUR : MARJA



C’était pire que la guerre, les vaches avortaient dans les camions du sang coulait de leurs pis, c’était juste après la guerre on nous a effrayés avec ça, ils veulent faire brûler les vipères, brûler les serpents qui envahissent les champs, elle voit les flammes elle regarde le chemin et la fumée qui recouvre les graviers le malheur partout, et personne ne te protège.


jeudi 15 avril 2010

HUITIÈME JOUR : LARISSA


Je vous attendrai toute la journée.

mercredi 14 avril 2010

SEPTIÈME JOUR : L'AMOUR III



« Bonjour Chère Nella,

Ce matin, je me suis rendu à la poste voir si une lettre de toi m’attendait. J’étais convaincu qu’il n’en serait rien car trop peu de temps s’était écoulé depuis la carte que je t’ai envoyée. Et je savais que tu pouvais ne pas te presser pour me répondre.
Mais quelle joie ! J’étais au septième ciel quand on m’a remis ta lettre ! Je n’ai pas pu résister à l’envie de la lire tout de suite, puis je suis rentré chez moi pour à nouveau t’écrire.
J’ai souvent pensé à toi, à « la fille de province ». Je voulais tellement te revoir, je chérissais cet espoir et je sais maintenant qu’il va bientôt se réaliser. C’est vrai que nous nous sommes séparés brusquement, sans même un Adieu…

Je ne sais pas ce que tu penses de moi, je ne sais qu’une seule chose : j’ai envie de te voir.

Pavel »

lundi 12 avril 2010

SIXIÈME JOUR : LA RECLUSE


Elle n’est plus la recluse elle a trouvé refuge, elle dit les villageois m’accusent d’avoir tué mon père, c’est toi qui a mis le feu tu as tué le père brûlé vif, elle pleure elle dit je l’adorais, elle dit jamais je n’aurais pu, elle dit la tête entre ses mains en ce jour des morts, j’ai ramassé moi-même les restes du corps.

dimanche 11 avril 2010

CINQUIÈME JOUR : 864 mr


On se promenait dans les villages abandonnés quand on a entendu des grognements dans une maison. On s’est approché et on les a vus réfugiés dans une pièce. On a vu le mâle énorme et la femelle et les vingt-cinq marcassins. On a chassé le père et la mère et on a tué les enfants à l’aide d’un tournevis. Il faut les tenir fermement pour qu’ils ne crient pas, et bien viser le cœur.

samedi 10 avril 2010

QUATRIÈME JOUR : L'AMOUR II


« Bonjour Chère Nella,

J’ai bien reçu ta lettre à laquelle je réponds urgemment. C’est triste qu’il reste encore tant de temps avant notre prochaine rencontre. J’ai du mal à imaginer quand ce jour tant désiré arrivera enfin. Je ne rentrerai pas à la maison avant le 25 août, ce qui m’inquiète beaucoup.
Je remettrai la lettre de ton amie à Lonia le 20 mai car je dois ce jour-là me rendre à l’école technique. Je le connais bien, il est dans le même groupe que moi.
Conseille-moi : Que puis-je faire pour te revoir au plus vite ? Je voudrais tellement sentir encore la douceur de ton regard sur moi. Dis-moi comment faire car chaque jour sans toi fait grandir ma solitude.

Vania »

vendredi 9 avril 2010

TROISIÈME JOUR : LARISSA




Elle part à la lisière de la ville en ruine chercher de l’eau sa charrette à bout de bras le roulement de sa charrette sur le bitume défoncé, Larissa marche et les oiseaux piaillent autour c’est une jungle, elle pense à Valeriy dans la maison de l’autre rue, elle se rappelle quand elle venait le voir dans la nuit, Larissa marche parmi les ruines et voit Valentina aux beaux habits se glisser dans ses draps se coller à lui, elle ferme les yeux et voit son corps rouler sur elle, elle voit le nez enfoncé les yeux rougis elle voit les bras épais le pantalon taché sa main sur la corde la charrette et les bruits autour les oiseaux elle voit les corps, Valentina pénétrée sans un cri.

jeudi 8 avril 2010

DEUXIÈME JOUR : LENINSKAYA


Dima était venu un soir prendre le thé et Dina tout de suite l’aima, neuf mois plus tard il vint habiter chez elle. Alors elle s’inquiéta pour l’enfant qui sans cesse saignait du nez et dans la ville les gens mouraient. Mais les médecins avaient pour consigne de ne rien dire. L’un d’eux se suicida, il ne voulait plus mentir.

mercredi 7 avril 2010

PREMIER JOUR : L'AMOUR




« Bonjour Arcadiy,

Cette lettre probablement te surprendra. Peut-être même me prendras-tu pour une fille légère : n’est-ce pas honteux pour une femme de s’engager la première ?
Te souviens-tu, en Terminale ? A l’époque, je t’aimais déjà mais n’avais pas le courage de te l’avouer. Plus tard, quand je rentrais chez moi pour les vacances, je te voyais et rêvais de devenir ton amie. Mais il m’était impossible de trouver le moment opportun pour te parler.
Arcadiy, je n’ai jamais osé t’écrire. Si je le fais aujourd’hui, c’est que j’espère ne pas te laisser indifférent. Mais peut-être mon physique ne te convient-il pas ? Peut-être à tes yeux ne suis-je pas assez belle ? Si tu ne veux pas, alors laissons tomber.

Nella Bromfield

PS : Dépose ta réponse à 20 heures près de ma porte.»